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S.Nolhart par F.Alquier

interview
pour PLE

Courriel: stephane@nolhart.com
msn : phanetes@hotmail.fr

Important

vous cherchiez?

. | 22 mai 2008

               J+6

Un énorme merci pour vos appels, vos mails, et vos messages. 

 

Publié par nolhart à 09:31:36 dans | Commentaires (0) |

. | 12 mai 2008

 
 
J-3

Publié par nolhart à 10:15:15 dans | Commentaires (3) |

Dedicace | 01 mai 2008

Prochaine séance de dédicace, le samedi 03 mai au Cultura de Franconville, de 14h30 à 18h00.

 

 

Publié par nolhart à 13:27:22 dans dedicaces | Commentaires (2) |

le journal | 25 avril 2008

 Pas envie d'écrire...alors je vais boire un café. Ou deux. Et puis on verra.

 

 

 

 

Publié par nolhart à 09:51:31 dans Journal | Commentaires (8) |

Paranoia. | 17 avril 2008

 Un aboiement me réveille, faible, lointain. Vivre à la campagne, à la lisière du bois,presque dans la forêt, vous rapproche des bêtes. Comme elles, je ne dors que d'une oreille. Si vous avez un chien, vous le savez bien, c'est lui qui veille. Sinon, il faut faire confiance aux autres. A ses amis. A sa jolie femme.

Que fait l'écrivain réveillé pour rien, à moins d'écrire ? Sans papier, sans crayon, sans ordinateur, sans rien, il écoute juste les mots qui viennent,comme des petites aboiements, lointain à ses frontières. Il les écoute, il les regarde, un par un. Aboiement. Le mot n'est pas beau. Trop de rage, de peur. Alors qu'il y avait jute à coté tellement plus direct, plus fonctionnel, si justement conservé dans l'expression « être aux abois ». L'écrivain n'ignore pas que c'est à cause de cet emploi spécial chasse à courre, qu'aboiement nous reste sur les bras, plus laid, plus lourd. Une injustice de plus. Un mot réservé, une fois par ans, au fond des forêts, à dix roquets assassins. Aboiements : ornements sonores de massacres anachroniques, quand des millions de clebs prolétaires traînent comme un boulet notre façon d'appeler leur cri de tous les jours.

Oser commencer tranquillement. Un aboi me réveille. Je rêve. Arrêtes tes conneries et dors, que je me dis ! Connerie est un joli mot, profond, large, utile. Je me rendors mais ça aboi toujours. Il y en a un autre, puis encore un autre, plus éloigné. Des abois arrivent de partout ; je commence mes conneries, je me lève.

J'ai des amis ; à paris, pas à la campagne - ce ne sont pas des amis de campagne mais des amis de ville. Terrasse de café aux premiers rayons du soleil, lunettes de soleil posées sur le nez et accrochées aux oreilles, vacances à Ibiza, dernier Jeans à la mode et visite obligatoire dans tout ce qui vient de s'ouvrir. Ami, c'est un joli mot, généreux, dôle, pérenne. Les amis aiment ce qu'écrit l'écrivain. Les abois ont cessé. Mes amis n'aiment pas mes conneries. Il a une jolie femme l'écrivain. Une jolie femme de ville, pas de campagne. Une jolie femme à talon haut. Une jolie femme échassière de ville. Je l'aime, jolie Simone. Une jolie Simone urbaine, pas rurale. Pour l'instant, je termine mon prochain roman — Une histoire de mots, d'amis, d'amour, et de meurtre d'écrivain.

Elle est menteuse la jolie femme de l'écrivain, une vraie pie menteuse. Une pie de ville. Elle lui dit qu'il a du talent. Mais, c'est pas vrai. Il est pas con l'écrivain et con, c'est pas un joli mot, c'est un mot de garagiste escroc. Il n'est pas con, il est juste à la campagne, j'y termine mon prochain roman. Avec des jolis mots dedans. C'est une histoire de jolie femme qui aime un écrivain sans talent. Une histoire de mec qui écrit une vie d'écrivain qui a une jolie femme et des amis qui lui trouvent aussi du talent. Talent, c'est pas un joli mot, ça rime trop avec travaille. Les amis de l'écrivain sont les premiers des menteurs. Pas des menteurs de campagne, juste des menteurs de ville. Dés que j'ai fini mon roman, je rentre à la ville mentir avec les autres. Les bêtes à la campagne, elles ne mentent pas. Les bêtes des villes non plus. Ca ne ment pas les bêtes. Ca aboi ! Faudrait que je dorme. Et que j'écrive.

J'ai fini mon roman. Un roman pas bête. Un roman d'hivers à lire dans un fauteuil club, les soirs de grisaille à la ville, un roman d'été à lire sous un arbre après la sieste, un après midi de soleil, à la campagne. C'est un roman de ville et de campagne à la fois. L'écrivain meurt à la fin. Il meurt à la ville, pas à la campagne. Tué par sa jolie femme. Un meurtre commandité par mes amis. Ami, c'est pas un joli mot à la fin. Ca veut dire traître ; ennemi, lui, est un joli mot, franc du collier. L'écrivain a acheté des lunettes de soleil, et je pars bientôt à Ibiza. Faudrait que je dorme, de toute façon l'écrivain a écrit le mot fin. L'écrivain va dormir. Fin : mort, dormir aussi. Pas joli non plus comme mot. Moche. Finalement, il y a beaucoup de mots moches. De vouloir me tuer, c'est moche aussi. Comme la mort, la trahison, ou aboiement. Parce que je sais qu'ils veulent me tuer. Tous. Mes amis, ma jolie femme, mon éditeur. Ils sont de mèche. Je le sais bien moi. Il n'est pas con l'écrivain mais il n'est pas rancunier non plus. Si ça vous soulage et vous fait plaisir alors je vous fais cadeau de ma vie. Il aime bien faire plaisir l'écrivain. Altruiste : Joli mot, et puis ça fera peut être vendre un peu plus son livre à l'écrivain, sa jolie femme sera contente !

Au début, j'ai raconté l'histoire de mon prochain roman à mes amis, dans la conversation, j'ai ajouté que mon éditeur payait cash et que ma femme était ma légataire universelle. C'est à ce moment là que ça a commencé. Mais sur le coup, l'écrivain n'a rien vu venir, sinon, y aurait eu des abois - quand on apprend que tout le monde projette de vous faire passer l'âme au dessus du plafond, y a souvent des abois. Légataire universel, je me fou de ce mot, je n'ai pas d'opinion. Ils l'ont trouvé bien le roman de l'écrivain mes amis. Drôle. Original. Quand l'écrivain sort un livre, mes amis le trouvent toujours bien. Les traîtres ! Ma jolie femme aussi. Simone aime le papier, celui qui se recycle de romans en billets. Billet : Pas joli non plus. Grossier. Vulgaire. Sa librairie à ma jolie femme, c'est LCL, et moi c'est moi !

Cette nuit, j'ai dormi sur mes deux oreilles. Oreille c'est un mot double. Deux, des oreilles ! Cette nuit, j'ai dormi sur mes deux oreilles et je ne devrais pas. C'est dans mon roman. La femme de l'écrivain l'assassine en pleine nuit. "Assassine", quelle force dans ce mot là ! La nuit, je devrais écouter les mots, pour ne pas dormir. Pour rester vivant - Pour l'instant. Et, le jour se lève alors moi aussi, mais l'écrivain n'a plus rien à écrire. Difficile de trouver une fin. Le roman est terminé. Pas d'erreur possible, il se termine comme ce soir car mes amis viennent dîner pour me dire que j'ai du talent. C'est une soirée de menteur des villes, de jolie femme vénale et de meurtre d'écrivain sous la pleine lune. Comme dans mon roman, je me suis tué moi-même.

 

Ecrite il y pas mal de temps, cette nouvelle etait un peu un excercice de style, et je me suis dit que ce n'était pas plus mauvais que d'habitude :))

 

 



 

Publié par nolhart à 07:59:42 dans Journal | Commentaires (6) |

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