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On pourra
dire ce qu'on veut, mais on ne peut pas être et avoir été, sauf pour un
imbécile.
Assurément, il m'arrive fréquemment de dire des âneries ;
espérant même chaque fois que ce ne sera pas la dernière, car c'est un signe de
bonne santé, mais aujourd'hui, je vous parle d'un truc que j'ai expérimenté sur
moi-même durant mes vacances, le séjour à l'hôpital. Il faut que je vous
raconte.
A la suite d'événements dont je vous passe les détails, mais dont nous pourrions dire, qu'ils sont les fruits de catastrophes générées par quelques imbéciles autour de moi d'une part, et d'autre part les fruits d'une vie où la liberté finit par demander des comptes, et comme nous en sommes convenu : on ne peut pas être et avoir été, sauf pour un imbécile bien sûr, mes organes ayant besoin de repos et de soins, je me suis retrouvé dans un centre hospitalier universitaire.
Bichat, humble demeure de villègiature. Et ça pousse pas trop à écrire la villégiature, aussi je comptais sur ce Pirmasoan pour enrichir ce blog d'âneries supplémentaires, mais à l'arrivée, je constate qu'il est à mettre tout en haut de la liste des fumistes si je regarde le nombre de note rédigée en mon absence. De qui se moque-t-on ?
Bichat humble demeure de villégiature où j'aurai passé un séjour charmant, s'il n'y avait eu toutes ces blouses blanches. C'est effrayant, ce qu'il y a comme médecins et infimiere/iers à Bichat. De toutes espèces, des vieux, des jeunes, des à lunettes, des français, des étrangers, des niçois, des gros, des petits. Ils sont tous là, les uns sur les autres, représentant tout ce que le corps médical a de plus inquiétant: La cardiologie, la pneumologie, la néphrologie, la rhumatologie, la biologie, l'oncologie, etc. Il y a même des machins nucléaires et un service de grand prématuré, puisque j'y suis né, il y a pas mal de semaines, de mois ou d'années peut-être, mais c'est une autre histoire.
Pas plus tard qu'avant-hier, le grand patron des hôpitaux parisiens déclarait qu'il ne fallait pas agrandir les Urgences, car plus elles seraient grandes, plus il y aurait de monde. Mais personne n'a dit à ce type que les patients arrivants dans ce service n'étaient pas des moustiques attirés par la lumière ? Donc, si je suis la logique : détruisons les hôpitaux, il n'y aura plus de malades. C'est idiot, si on m'en avait parlé avant, je serai venu avec mon pain de plastique, j'aurai été guéri. D'ailleurs, me concernant, je faisais humblement observer à un médecin que sans aller mieux, ça n'allait pas pire, que la température de la chambre plutôt fraîche, ( 16° ) faisait claquer des dents la nuit et qu'une couverture à mettre sur le drap n'aurait pas été de trop, ( C'est bizarre cette manie de vouloir faire attraper une pneumonie aux patients dans un service de pneumologie) et que sans être gênant avec des boules Quies, le bruit de la climatisation était proche de celui d'une bonne mobylette à Sarcelles.
- Il faut compter deux trois jours pour la couverture et la clim est générale, on ne peut pas y toucher.
Mon voisin
plus malin que moi a réussi à avoir une couverture de survie. Moi, Je n'ai pas
insisté. après tout, c'est peut-être une nouvelle école. Dans dix ans, tout le
monde apportera son chauffage, son lit
pliant, son bistouri et tout le matériel, et personne n'y contredira.
Concernant l'alimentation, les pique-niques, sans être bons, étaient tout à
fait mangeables et ils eurent la bonne volonté de me faire choisir mon
repas, tous les matins. Mais, jamais, je n'ai eu ce que j'avais commandé. C'est
drôle cette autre manie qu'ils ont de vous faire des surprises, ils sont
ficelles : vous vouliez un steak, vous aurez du poulet, vous aviez
commandé des haricots, vous avez des salsifis. Vous vouliez les amygdales, vous
avez l'appendicite.
Deux fois
par semaine, le mercredi et le vendredi matin, et je suis sur que vous ne vous
en doutez pas, le staff visitait les malades. J'ai eu l'honneur d'assister au
défilé de médecins, qui avec cette solennité sévère, regardent d'un air grave
chaque patient en lui disant que tout va bien et il est bien rare qu'un
médecin entre dans une chambre en disant
" Oh là là"- ce qui serait tout de même moins grave que " Oh la la la" ou que "Oh la la la la la" . Je vous
recommande donc de voir ce défilé si vous passez par là.
En revenant de la radio ou de
l'irm, ou en y allant, ne manquez pas de visiter le service de médecine
nucléaire. Il rappelle par son style et ses couleurs, certains épisodes de star
trek.
Bref, j'ai tué le temps assez agréablement à Bichat. L'après-midi, guidé par l'ami en blouse blanche spécialiste des transports de vieux en fauteuil roulant, j'allai passer une échographie de ceci ou de cela, ou je dirigeai mes pas vers le service pneumo, si habilement administ ré par son jeune et brillant interne.
Une puissante distraction que j'allais omettre : la vue sur le périphérique et sur tout Paris. Qui n'a jamais vu ça, n'a jamais rien vu.
Et puis, les ascenseurs amenant dans un flot continu une foule assoiffée de grand air en bouteille, et de repos, j'ai rencontré des camarades tous les jours. Les uns venus pour la saison, les autres simplement pour passer quelques jours. Hôpitaux Parisiens : que d'heureux vous faites à chaque minute. Dans à peine quelques jours, j'y retourne. C'est décidé. J'ai réservé pour une opération spéciale, prévu une couverture ; et même si ça ne vaut pas le moulin rouge et les folies Bergères, qui à en croire certain, très au courant des affaires scientifiques, ne sont plus à la mode, je suis sûr d'en ressortir enchanté, en forme pour les ultimes corrections de ce prochain roman.
Publié par nolhart à 14:38:51 dans Journal | Commentaires (10) | Permaliens
Même si vu de la rue de Vaugirard, la France ne va pas au-delà
du périphérique, et que la banlieue, la province n'existent que dans les studios
de France 3, mon ami
Nolhart est toujours en vacances, je ne sais où, à la mer,
et il ne rentrera pas avant quelques semaines ; mais il m'a confirmé, bien
qu'ayant titré le poste précédent Partie1,
que compte tenu de la situation internationale, tout bien pesé, il n'y aurait pas de partie 2, et qu'il n'avait
pas l'intention de mettre de photos de lui au salon, ni à la plage, ni en
short, et ne pas vouloir rentrer tout de suite, tant il paraît que la province
est jolie. Il me charge évidement de vous dire combien vos messages lui réchauffent le coeur.
Dans l'attente de son retour,
Bien à vous.
Raoul Pirmansoan
Publié par nolhart à 17:53:07 dans dedicaces | Commentaires (11) | Permaliens
Résumons la situation. On vous a déjà expliqué, montré, sur
les blogs, de toutes les façons possibles, ce qu'a été le salon du livre cette
année, et si vous pensiez que j'allais parler de l'alerte à la bombe, de la
sécurité extrêmement renforcée due aux éternelles chamailleries israélo-palestienne,
qui étant ce qu'elles sont, ont peut-être retiré un poil de romantisme à cette
édition, ce ne sera pas le cas ; je ne vous en parlerais pas car je n'ai
jamais été très bon en histoire sainte à l'école.
A part ça, est-ce que j'ai une opinion à donner moi ? Fichtre,
c'est compliqué de donner une opinion. Et d'abord, est-ce que j'en ai des
opinions ? Oui, plein, comme tout le monde, probablement. Par exemple, j'invite
mes contemporains à économiser l'eau, à lire les auteurs PLE, EHO, à sauver les
têtards des fontaines de Rome, etc.
Mais là, curieusement, non. Je n'ai pas
d'opinions sur le salon du livre qui était plein de talents, de gens charmants,
d'auteurs, d'éditeurs, de visiteurs, à qui on a envie de serrer la main, de
claquer la bise ; et plein de gens faussement décontractés, mais
véritablement dictateurs, poursuivis par des bandes de supporters, les bras
remplis de livres intéressants, exaltants, et aussi de machins imprimés parfaitement
impropres à la consommation humaine - comme je vous le disais plus haut : je n'ai qu'à moitié envie
d'attirer votre attention sur la parabole des talents, d'autres le font bien mieux
que moi, tout le monde est d'accord là-dessus.
Moi, ce qui m'a surtout flatté, c'est la qualité de mes rencontres et parmi elles, il y a celle avec Mr Pirmansoan. Je ne sais plus si j'en ai parlé ici, mais il me semble que oui. C'est ce garagiste de la rue de Vaugirard qui a écrit les deux tiers de mes billets. Un type sympa ce Pirmansoan. Il m'a avoué travailler aussi travailler pour ******, qui dédicaçait ses livres deux allées plus loin.
Que voulez-vous, c'est le progrès.
Et, je dois bien vous avouer que c'est Mr Pirmansoan qui a écrit ce billet, et qui doit aussi mettre en ligne tres prochainement l'album photo du salon ; c'est bien commode, car moi, je suis, sur les conseils des médecins, en vacances.
A bientôt
Publié par nolhart à 19:04:09 dans dedicaces | Commentaires (11) | Permaliens
Ah, ces médecins !
Si on n'en avait pas la pratique,
on pourrait s'agacer.
Ils vous parlent de Victor Hugo durant l'auscultation, ce
qui serait agréable si cela n'avait pour conséquence de leur faire oublier l'essentiel,
votre santé ! Et, il y a tout lieu
de penser, que même si la médecine participe à la diffusion de la culture littéraire,
nous sommes en droit de leur dire, dans ces instants où vous sentez l'angoisse
vous étreindre dans l'attente du diagnostic du jour parce que vous avez parié
avec un vieux pote que le sang de veau mort-né n'était pas nuisible à vos
poumons, de se mêler de ce qui les regarde : La médecine. C'est vrai quoi
à la fin, on peut rire un brin sur le dos d'Hugo, mais quand la science se mêle
de beaux textes, et ne se concentre plus sur son propos, elle prend le risque de
limiter l'espérance de vie des auteurs, et cela chambardera le monde de l'édition ;
et on a beau exercer dans une clinique privée et très chic, ce n'est pas une
raison pour promener son stéthoscope sur le dos des cuirs de La Pléiade, plutôt
que celui des patients qui semblent en avoir besoin. Personne n'est à l'abri d'une
étourderie, c'est acquis, mais, tout de même, il est des professions où la
nonchalance et le manque de concentration peuvent avoir des effets négatifs sur
la culture, et ils n'en sont pas conscient ces bougres-là.
Tenez, par exemple, combien d'entre
eux seront à se promener, en saltimbanque, dans les allées du salon du livre,
les mains pleines d'ouvrages n'ayant rien à voir avec les remèdes, la thérapeutique
ou les purges, plutôt que d'être à lire les Dialogues
de Platon, dans lequel, le rôle majeur du Pneuma, qui donne aux organes
mouvement et vie, a été démontré ?
Vous
le savez ou vous ne le savez pas ?
Et bien, je vous l'apprends, ils seront
beaucoup trop !
Je profite de l'occasion pour remercier vivement les lecteurs qui se sont inquiétés de ma santé, et leur dire que sans aller beaucoup mieux, ça ne va pas pire ; que j'attendais l'ouverture du salon du livre pour me remettre de façon définitive, car au final, c'est certainement l'endroit où les docteurs parlent de médecine, puisque dans leur cabinet, ils parlent littérature.
Publié par nolhart à 08:04:43 dans dedicaces | Commentaires (5) | Permaliens
Ecrire est, je l'ai déjà dit, un art difficile,
et pour réussir un petit roman qui soit tout juste supérieur à la médiocrité, j'ai
travaillé durant 10 mois, de 4heures à 23 heures et bien souvent les
idées nouvelles, sur le fond ou la forme, me réveillaient durant mes courtes
périodes de sommeil. J'y ai jeté toutes mes forces, devenant au fil des
chapitres, économe de chacun de mes mouvements pour garder l'énergie d'aller au
bout sans interruption, écrire encore une ligne, juste une ligne, un mot, une
majuscule, une virgule, une tache d'encre. Le terminer, et s'occuper de ces
satanées douleurs ensuite.
Ayant pris garde de ne pas renouveler les
erreurs commises dans le passé, j'ai travaillé avec un plan précis, page par
page, quasi paragraphe par paragraphe, me permettant de gagner du temps en
corrections. Et de ce point de vue, c'est une réussite et bien entendu un homme
aux bons poumons, s'exclamerait de toute la force de ceux-ci "yééééééééééééééééééééééééé,
j'ai terminé", mais lorsqu'on est pâle comme un œuf dur de cantine, et qu'on est attaché au poteau de torture des médecins,
on a quand même du mal à redresser la tête comme un cheval de bataille au son
du clairon, surtout lorsque vos organes vous donnent l'impression d'avoir avalé
un nid de souris, ou une boite d'allumettes mal éteintes.
Je pensais subir les premières manifestations de fatigue, plus tard, plus vieux vers la cinquantaine, la soixantaine, guère plus. Avec la vie que j'ai mené, je ne me permettais pas d'être trop exigent, et je voyais les premiers symptômes arriver dans dix à douze ans, pas avant. Et voilà, ça se fait déjà sentir, avec une bonne dizaine d'années d'avance, je suis mangé par un emphysème pulmonaire, j'ai un nodule thyroïdien, doté d'un lobe droit traversé par une scissure, tout ça n'est pas un lapsus pour dire Angine, et ce n'est pas ce que j'avais commandé pour la suite de ma vie, mais c'est ce que m'offrent les médecins. Je passe à présent la majeure partie de mon temps, à lire des ordonnances qui n'ont rien de Proustienne, mais qui ont ce petit truc en plus qui passionnent les chercheurs en hiéroglyphes.
"L'incroyable vie de la mort" est terminé, et je le regarde à la façon d'un apoplectique. Il en vaut la peine, il est beau, drôle, et bien écrit.
Publié par nolhart à 12:02:13 dans Journal | Commentaires (12) | Permaliens
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