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Ce matin, j'étais au
salon, plongé dans les mots croisés où j'avais « être concis » en 16
lettres, à résoudre, et je en sais pas comment vous vous comportez quand ce
genre d'énigme vient frapper à la porte de vos neurones, mais moi, ça a une
fâcheuse tendance à me coller le crayon à la bouche, parce que c'est bien
l'attitude qu'il convient d'avoir, lorsque vous avez un 16 lettres sur le bout
de la langue, mais qu'il refuse obstinément à quitter cet endroit. Mais, je sens
que vous êtes en train de vous demandez, vous aussi, en vous grattant la joue,
« il en est où ce roman ? que fait-il au salon à cruciverber au lieu
d'être derrière son bureau à conclure? », c'est normal, vous faites partie de
la dizaine de personnes qui se grattent la joue en ce moment même, en se disant
exactement la même chose ; confortant ainsi la profondeur de ce vieux
proverbe chinois, qui dit un truc du style « on se sent moins seul, quand
on est plusieurs". Je dois vous confesser que c'est bien, aussi, ma préoccupation première
du moment : "comment regagner mon bureau pour travailler?"
Mais j'avance, j'avance,
alors que pour une bonne compréhension de ce post, je dois passer la marche
arrière et vous dire que ces derniers jours, mon souci n'est pas un manque d'inspiration,
mais plutôt d'ordre animalier. Suivez-moi bien.
Bon, il est fort à parier que lors de mon entrée dans l'arène du colisée, si j'avais été un valeureux gladiateur romain, je me serais probablement dit « tiens, voilà des chats ! » devant les tigres affamés du cirque; comme je me suis dit « tiens, voilà un tigre, juste avant de sursauter et de pousser un hurlement, devant le chat qui ronronnait sur mon fauteuil le 08 de ce mois au matin. Mais, je vous mentirais si je disais que suis un valeureux gladiateur, et je me contentais, une fois la surprise passée de rester pétrifier une bonne journée devant la présence de cette boule de poil grise chez moi. Il n'était pas question que je l'adopte sous prétexte que nous avons dansé une ou deux fois ensemble car c'est bien connu, le premier défaut d'un chat est d'être ingrat ! On a vu nombre d'entre eux être aux petits oignons chez leurs maîtres,et les abandonner comme des chiens au prétexte qu'un restaurant belge avait jeté des restes de moules frites dans les poubelles du quartier d'à coté. Sans parler du second défaut sur la liste, et pas des moindre : ils sont sujet aux bouffées délirantes, ce qui les poussent, pendant de votre sommeil, à vous sauter sur la nuque ou sur les pieds en pleine nuit, pour des raisons connues d'eux seuls. Et, que dire de ce formidable air de dédain qu'un chat dégage, de ce petit coté supérieur qu'il impose lorsqu'il vous toise, semblant, comme un archevêque, se poser en critique de votre mode de vie. Il est donc préférable, et sans attendre, de demander des comptes à un matou qui dort tranquillement dans votre fauteuil sans y avoir été invité. Je me suis alors approché doucement, et j'ai essayé le célèbre « Confortable, n'est-ce pas ? », mais ça n'a pas fait totalement l'affaire, puisqu'il a entamé une méticuleuse toilette, dédaigneusement, sans même un regard. Il n'a pas bougé depuis trois jours Comment cela est-il possible, demandez-vous ?
Je crois que ce chat a une vie trop belle, qu'il s'en est jeté derrière la cravate bien plus qu'il ne pouvait en avaler et qu'il digère ; ou alors, il a gardé un complexe de supériorité de l'époque où lui et ses semblables étaient traités comme des dieux du bas en haut du Nil se sentant partout chez eux, sur le capot des voitures, comme dans mon fauteuil! Pourquoi suis-je lâche, et que je me contente d'attendre ? demandez-vous ? Mais, vous le savez bien, non, qu'il n'est jamais très bon de se fâcher avec les dieux d'Egypte, on a des statistiques assez là-dessus ; alors quoi ? Devrais finir maledictionné par Toutankhamon, parce que j'ai bousculé un de ses confrères ? Je ne sais pas si vous vous prendriez le risque, mais pas moi. C'est pourquoi depuis trois jours, j'attends, avec un regard de souris coincé dans la gueule d'un chat, qu'il bouge de là ! En attendant, vous n'auriez pas mon 16 lettres, dont je rappelle au lecteur qui aurait raté le début, la définition : « Etre concis ».
Publié par nolhart à 06:10:43 dans Journal | Commentaires (9) | Permaliens
Mon cher Webmaster,
Tu seras bien aimable d'annoncer sur mon blog, « qu'une subite indisposition de l'auteur assujettit à des embarras passagers, nous privera pendant quelques jours de ses éclatantes billevesées. ».
Ce n'est pas vrai, je ne suis pas malade, je vais même très bien et rassure-toi, il n'est pas question que je fasse appel à un docteur car tu sais combien ces gens là sont prompts à couper un bras ou une jambe à la moindre occasion sans s'arrêter de parler, habitués comme ils sont. Non, je vais bien, disais-je, mais, il n'y a rien comme l'écriture d'un roman pour te prendre tout ton temps, et ça pousse pas beaucoup à en rajouter sur un blog, l'écriture un roman, aussi tu comprendras qu'à l'approche de la fin, il ne reste qu'une vingtaine de pages à faire, je ne sois pas tous les jours en état de te donner une éclatante billevesée à publier. Tu voudras bien m'en excuser auprès des lecteurs et leur dire aussi pour moi que de recevoir toutes ces félicitations, toutes ces marques de sympathie au sujet de mon livre me permettent de chanter dès 4 heures du matin, « tiens, les montagnards sont là » avec le cœur de l'auteur qui constate qu'il n'a perdu ni son temps, ni son travail. Mais, ce qui m'honore le plus, c'est la qualité de mes lecteurs, et de savoir que la pucelle et le cornichon passent sur mon blog régulièrement est assez flatteur, car je me demande bien comment après dans la même journée, s'être promené en voiture dans la campagne, jouer au bilboquet, lu Mickey parade, envoyé des menaces par sms, tenté de déstabilisé des auteurs par des mensonges à faire rougir le diable, ils trouvent encore le temps de passer ici et de laisser des commentaires fanfarons, les inconscients. Tu me diras que dans une autre époque, j'aurais laissé aller mon poing jusqu'à l'œil gauche du cornichon, c'est vrai, et c'est effectivement ce qu'il y aura de mieux à faire lors de ma prochaine rencontre avec eux, non que ça implantera de lintelligence dans le cerveau du réceptionnaire, mais ça lui permettra au moins de passer des fêtes de pâques très entouré, avec une cloche nymphomane en blanc qui passera le voir tous les matins pour savoir comment va son nez.
Publié par nolhart à 16:44:16 dans Journal | Commentaires (7) | Permaliens
Et bien oui, là ! J'ai ri aux larmes.
C'est lamentable, dites-vous ? Oui, je le sais bien que c'est lamentable.
On n'écrit pas sur ces choses là, dites vous? Vous voyez bien que si, puisque je les écris.
Je voudrais bien vous y voir, à ma place, vous qui parlez. On est dimanche, j'ai raté la messe, et je n'arrivais
pas à écrireune ligne à la syntaxe amusante, et compte
tenu du sujet, je n'ai pas le choix, il faut que ce soit drôle. Alors je suis
sorti saluer le chat, prendre un café et, effet de la fatigue sans doute, j'ai ri. J'avais des doutes, et bien,cette poilade les a dissipé.Et voilà comment :
Il y a plusieurs mois que je travaille sur un roman dont le
héros est la mort, je tente de la rendre, amusante et drôle, attachante et
respectable, la faisant se mouvoir maladroitement dans un monde où sans
médiatisation on n'existe pas, dans un univers où la médecine, pour de sombre
raisons pécuniaires, oublie un peu trop souvent qu'elle devrait être universellement accessible.
Mais, est-ce nous qui choisissons les
sujets de nos romans, ou sont-ce les sujets qui s'imposent à nous ? Peut-on
rire avec la mort ? S'en moquer ? Peut-on rire de tout ? Peut-on
écrire ces choses là. Ces questions sont arrivées par derrière comme un
coup de batte de base-ball, au moment où je mettais mon cinquième sucre dans
mon expresso.
Mais, oui, m'a répondu Desproges, on peut rire de tout, mais pas avec tout le
monde, et à condition que ce soit drôle.
Alors, je me suis imaginé être le seul à en rire, à ne pas avoir un seul lecteur, et j'ai ri de plus belle encore, en imaginant que ce livre allait se classer tout en haut de mes échecs, et je me suis traité d'imbécile en me frappant le front à coup de petite cuillère, sans arrêter de rire.
Oui, c'est lamentable.
On n'écrit pas sur ces choses là, dites vous ? C'est blasphème, dites-vous?
Oui, peut-être, mais c'est trop tard, c'est fait, sans que je ne puisse plus reculer ; bien oui, je ris de la mort, quand je l'imagine dépressive, en grève ou communiste, je ris de la laisser croire qu'elle peut séduire n'importe qui sous le nez du premier Casanova venu;), je ris quand elle raconte des histoires drôles pour se changer les idées. Je fais rire de la mort, pour tous ceux qui en pleurent de trop, parce que, finalement, elle ne mérite pas mieux que d'en rire.
Publié par nolhart à 14:06:25 dans Journal | Commentaires (11) | Permaliens
Comme vous l'avez constaté, je dors peu et je travaille
beaucoup. Et, depuis début janvier, certains m'ont écrit pour savoir quel était mon secret. Et bien, je
vais vous le dire : pour tenir le choc, et pouvoir danser avec le chat
quand bon me semble ou recevoir mon voisin dignement quand il cogne à ma porte,
un de mes amis cycliste m'a conseillé un ou deux remèdes qui lui permettent de
passer les cols alpins dans les tout premiers du peloton sans la moindre grimace,
et qui pourraient, d'après lui, me faire aller jusqu'à la fin de l'écriture de «L'incroyable
vie de la mort» - qui n'a cessé de prendre du retard - sans effort. Mais,
je crois que je n'ai pas bien supporté cette satanée injection de veau mort-né,
et j'ai dû me purger tous ces derniers matins, ce qui n'a pas été sans m'affaiblir
un peu, causant des retards supplémentaires dans mon emploi du temps. Je devais
commencer une bio début Février, et bien ça ne sera que début Avril, et je m'en
excuse bien auprès du futur biographié, qui est un type qui mérite vraiment à être
connu, et dont la lecture de la vie vous enchantera sûrement à sa sortie que j'envisage,
si tout va bien, sur le second semestre. Concernant mon roman, il avance, doucement, mais
régulièrement et, in fine, je n'aurai probablement que 15 jours de retard, ce
qui est bien peu quand on me connaît, et je profite de l'occasion pour remercier
ma petite dizaine de clients, parce que la littérature, c'est un commerce, donc
client est aussi le bon mot, des
commentaires laissés sur mes billets. C'est une sensation exquise de recevoir
des félicitations, des encouragements, des conseils, des critiques parfois ; et je ne sais pas pourquoi, mais je me souviens d'un machin merveilleux que j'avais lu sur
les bancs de l'école et qui disait ceci :
Aimez donc la raison : que
toujours vos écrits ;
Empruntent d'elle seule et
leur lustre et leur prix.
On lit peu ces auteurs nés pour nous ennuyer;
Quoi que vous écriviez, évitez la bassesse
Soyez simple avec art,
Sublime sans orgueil, agréable sans fard.
Il est certains esprits dont les sombres pensées
Sont, d'un nuage épais, toujours embarrassées ;
Avant donc que d'écrire, apprenez à penser.
Selon que notre idée est plus ou moins obscure,
L'expression la suit, ou moins nette, ou plus pure.
Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément.
Hâtez-vous lentement ; et, sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage.
Il faut que chaque chose y soit mise en son lieu ;
Que d'un art délicat les pièces assorties
N'y forment qu'un seul tout de diverses parties.
Faites-vous des amis prompts à vous censurer;
Mais sachez de l'ami discerner le flatteur.
Aimez qu'on vous conseille et non pas qu'on vous loue.
Souvent sur ses vers un auteur intraitable
À les protéger tous se croit intéressé.
Cependant, à l'entendre, il chérit la critique ;
Mais ce beau discours
N'est rien qu'un piège adroit pour vous les réciter.
Ainsi qu'en sots auteurs,
notre siècle est fertile en sots admirateurs.
Un sot trouve toujours un plus sot qui l'admire.
Bon sang, j'aime bien qu'on me loue, moi.
Je ne sais plus a écrit ça, mais c'est dans L'Art poétique, et si un lecteur de passage, et érudit comme je sais qu'il s'en perd parfois
ici, pouvait laisser un commentaire avec le nom de ce type génial, ça arrangerait tout le monde. Moi, je retourne à mon roman pour conclure le chapitre 17, là où
LaMort n'est plus que l'ombre d'elle-même.
Publié par nolhart à 12:36:28 dans Journal | Commentaires (8) | Permaliens
Et si Giacomo Casanova, chevalier de Seingalt était votre ange-gardien ?

Chapeau bas,
Un livre savouré, que dis-je un ouvrage dégusté avec tous les ingrédients qui s'agglomèrent pour former un plat consistant. Je ne suis point rassasié de cette histoire tellement son goût s'est imprégné dans mes neurones gourmandes. L'originalité du sujet allié à ce besoin de racines en font un régal, parfois amer, acide ou doux suivant les situations. L'auteur m'a emmené sur ses routes, avec Giacomo en filigrane, et m'a bluffé jusqu'à la phrase finale. Merci de ce moment hors du temps et pourtant si présent, c'est dommage à la page suivante les vitres translucides d'une couveuse m'ont fait rêvé... l'histoire était finie. Un coup de cœur exceptionnel...
Interview de Stéphane Nolhart pour PLE
Je suppose que vous vous demandez si je pétule tous les matins au reveil, si le chat termine ses nuits quand je ne dédicace pas, en bref, en savoir un peu plus sur moi ; et c'est bien normal, car comme je crois l'avoir expliqué longuement, je ne pétule que rarement au petit déjeuner, et le chat n'aime pas qu'on perturbe son sommeil à 4 h, et c'est pour éclairer le lecteur perdu que je réponds aux questions de PLE lors d'une interview où le webmaster - merci à lui pour son travail et sa patience - a du lutter contre les mauvaises fortunes de la programmation, pour que, au cas où vous voudriez en savoir un peu plus, vous puissiez trouver toutes les réponses sur la façon dont les écrivains de PLE travaillent, sur le contenu et le contenant, etc...bref, tout ce que vous vouliez savoir sans jamais oser me demander est ici sur le blog de PLE
Publié par nolhart à 11:45:43 dans On en parle | Commentaires (13) | Permaliens
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