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Journal d'un roman | 16 janvier 2008

 En écrivant ce journal, initialement réservé à une consommation quasi personnelle, j'ai depuis le début essayé d'être clair, utilisant le mot juste, la bonne formule afin de vous éviter les phrases pénibles du style : Quelle que soit la sinistrose de ces derniers temps, on se doit d'examiner chacune des alternatives s'offrant à nous.» ou "Vu la conjoncture qui est la nôtre, il est préférable de s'intéresser à la totalité des issues envisageables.", parce que vous avez le droit de demander un machin plus vif, bourré d'hyperboles, de métaphores à l'ancienne, et à l'excipit inattendu. J'ai finalement réussi à écrire les pages de dialogues qui me posaient des problèmes et pour ce faire, j'ai mangé 7 livres de maître V ; j'en  suis comment dire ? Gavé, est, je crois, le mot qui convient mais quelle leçon de raisonnement ! On n'a beau ne pas être en accord sur tout, bordel -et c'est bien bordel que je veux dire, mais que j'aurai pu remplacer par merde, tout aussi approprié- ce mec plane quand même vachement haut, c'est une pointure, un glaive, une épée, quoi. Mais, je digresse, une chose en entraine une autre, le temps passe, et je n'en suis qu'à la page 73 de mon roman, alors, je crois que je vais éxcipiter ici pour aujourd'hui ; et c'est bien dommage car j'aurai voulu vous raconter une histoire d'écrivain, une petite nouvelle, que je compte faire publier dans un magazine un peu poussiéreux, certes, mais dont le tirage ne faiblit pas. C'est une histoire simple, où il est question d'une attachée de presse nymphomane, érotomane, machiavélique, et infidèle qui se venge d'un auteur qui l'a bêtement éconduit au lieu de l'emmener direct dans le premier hôpital psychiatrique. Pour parvenir à ses fins, elle se joue d'un pauvre bougre, éditeur amoureux et cornu, rendu aveugle par la belle qui est bien trop jolie en comparaison de ce qu'elle mérite. Vous connaissez les auteurs, toujours prompte à inventer des histoires, dès que la motivation est suffisante, et je sens qu'elle grandit de jour en jour, je crois que je ne pourrai pas me retenir encore très longtemps avant de vous raconter la fin pathétique et carcérale de leur épopée.

Publié par nolhart à 08:33:26 dans Journal | Commentaires (6) |

J'exagère... | 13 janvier 2008

 Vous pourrez questionner tous les clients du bar des ventriloques*, pas un ne vous dira que je n'ai pas voulu fuir ce métier, moi qui me livrais à une fumisterie sans honte, à l'intelligence prête à consommer, à la flânerie, à l'argent facilement gagné dans des professions sans autres intérêts que de flatter l'ego vendu à une époque superficielle, et facile mais, là, pour écrire, faute du talent suffisant, il me faut beaucoup travailler pour arriver à un stade tout juste supérieur à la médiocrité dans l'art où celui qui rayonne devient immortel. J'aime m'y jeter de toutes mes forces, dès l'aube, jusqu'à en être économe de chacun de mes mouvements le reste de la journée pour avoir l'énergie d'écrire encore, une ligne de plus, juste une ligne, un mot, une majuscule, une virgule, une tache d'encre. Dormir moins pour écrire plus, et mon deuxième roman sera prêt avant l'heure. Infiniment trop de joie, infiniment trop de bonheur. Point, à la ligne. Fin d'un nouveau chapitre.

* cf remerciements. 

Publié par nolhart à 20:50:37 dans Journal | Commentaires (6) |

Journal d'un roman | 11 janvier 2008

C'est un truisme de dire que les plans les mieux préparés sont souvent contrecarrés – et même détruits – par l'occurrence d'un petit grain de sable dans le menu. Je me suis retrouvé, il y deux jours, sans la voir venir, devant une incohérence grosse comme ça, ou pas loin. Pourtant, le grand écrivain serbe Ivakouillenovich, nous avait mis en garde je ne sais plus où, contre cette éventualité et bien sur, j'ai rien écouté. Et voilà ! Impossible d'écrire ce dialogue, qui va de la page 67 à la page 69, dans 'l'incroyable vie de la mort, sans lire quatre ou cinq livres sur la vie d'un de mes protagonistes à l'esprit brillant et complexe, qui n'interviendra que très peu dans le roman, mais dont le passage doit dominer dans l'esprit et le ton les 120 autres pages du livre. Je ne peux faire l'économie de ces lectures rébarbatives mais de haute volées. Je me disais pourtant que j'allai m'en tirer en faisant une pirouette-cacahuète, un truc du genre ellipse temporelle, et bien, pas du tout ; et si vous n'avez jamais vu un moine plongé dans des lectures ardues - où il est question de stratégie judiciaire, de défense de rupture, de géopolitique, de mao, de marx, et de politique tout court - alors montrez-moi un Nolhart et je vous en montrerai un.

Allez, la fin de la récré a sonné, je retourne à mes notes, à mes études, et à ma robe de bure, parce qu'en Fevrier je dois entamer la bio d'un homme d'affaire, et si je veux continuer à manger au printemps, comme je suis incapable de bosser sur deux livres en même temps, c'est en chantant " haut les coeurs" que je rechausse mes lunettes pour pouvoir écrire le mot fin sur le premier jet de mon tapuscrit à l'entour du 30 janvier.


Publié par nolhart à 09:14:14 dans Journal | Commentaires (5) |

Salon du livre de Paris 2008 | 08 janvier 2008

 salon du livre En apprenant, ce matin, que Pietra Liuzzo Editions serait au salon du livre de Paris 2008, un silence a suivit mon extase. Puis, je crois que j'ai dit " hourra" ou "youpi", et il n'est pas impossible que je me sois laissé aller à hausser le ton, car le voisin est venu frapper à ma porte pour me dire de ne pas hurler comme ça, parce que ça l'avait fait sursauter, et qu'il avait renversé sa tasse de café sur son pyjama ou sur son chien, je n'ai pas tout compris. Je lui ai répondu que j'étais navré, mais que c'est "hourra", ou "youpi", je ne sais plus, que j'avais envie de dire, et c'est exactement ce que j'ai dit et j'aurai même pu ajouter "loué soit le seigneur", ou "vive Trotsky", si on avait été un 21 octobre et que je fusse communiste, mais, il a sonné trop vite à ma porte pour que j'exprime pleinement ma joie. S'il y a bien un truc incroyable, c'est que ce type soit capable d'aller de son appartement au mien, à la vitesse de la lumière, dès que je laisse tomber un cure-dent après 23 h ou que je dit "Hourra", ou "youpi", je ne sais plus, parce que mon éditrice Pietra Liuzzo fait des trucs extraordinaires. Si ça se trouve, quand ce type part de chez lui, il est sympa, mais le problème des grandes vitesses, c'est qu'on passe de sympa à chiant en un millième de seconde. Bref, vous trouverez le calendrier de mes séances de dédicaces au salon de Paris ici .

Publié par nolhart à 15:07:06 dans dedicaces | Commentaires (9) |

Journal/ Bande annonce | 07 janvier 2008

 

Ce matin, en me glissant derrière mon bureau, à la lecture des commentaires, l'avenir me paraissait radieux. J'étais tranquille devant l'écran, jusqu'à temps qu'il me parle. Je ne l'ai pas entendu venir.


- Le lecteur : Ils sont bien jolis tous ces textes, mais tu en es où ?
- Moi : Peux-tu parler plus fort, je n'ai pas mes lunettes
- Le lecteur : Je veux dire, tu as écrit quoi ce matin ?
- Moi : Bah, c'est-à-dire que j'ai plus fait des ratures et des pâtés sur les 70 premières pages que de véritables paragraphes nouveaux.
 -Le lecteur : De quelle taille les pâtés ?
- Moi : Une bonne taille !
- Le lecteur : Bien et quoi d'autre ?
- Moi : Ah oui...vous devriez cliquer ici pour voir la bande annonce de mon prochain roman.
- Le lecteur : Après la making of, la bande annonce....tu te crois au cinoch ? Tu ferais mieux de remercier les gens de tous ces gentils commentaires.
- Moi : C'est-à-dire que je ne sais pas trop quoi répondre à toutes ces amabilités. Merci me parait être un peu court et comme dit Sarvane, ça fout un peu la pression, mais c'est si bon.
- Le lecteur :Si tu n'es pas capable d''écrire autre choses que 5 lettres, c'est pas gagné pour un roman.

Si vous avez l'intention de me demander si ces mots ne me firent pas grincer les dents, je peux vous assurer qu'elles n'y manquèrent pas. Je crois que j'ai fait la même tête que lorsque j'avais joué un outsider dans le prix d'Amérique et que celui-ci avait 6 haies de retard à 100 mètres de l'arrivée. Alors, j'ai repris ma plume et je me suis remis à écrire la suite, en me disant que Catule LaMort méritait bien d'aller embrasser, sans attendre, sa princesse au chapitre suivant.

 

 

 

Publié par nolhart à 09:54:09 dans Journal | Commentaires (3) |

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