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On en parle
Le livre dont je vais parler aujourd'hui, je l'avais mis dans mes bagages, lors d'un récent départ en week-end à Dijon pour aller voir de la famille. A priori, prendre un livre quand on va voir de la famille, c'est louche.
Mais là, non.
Je n'avais pas peur de m'ennuyer, juste, avoir un livre à portée de main me rassure.
On ne sait jamais, en cas d'insomnie...
Les Ailes de Giacomo de Stéphane Nolhart, pour tout dire, a finalement été mon médicament pendant toute une nuit.
J'étais malade comme un chien. Je vous passe les détails, mais, à cause d'une longue et insupportable quinte de toux, j'ai dû m'enfermer dans une pièce afin de ne pas réveiller ma tribu.
Étant dans l'impossibilité de dormir, j'ai pris ce roman et l'ai lu d'une traite.
Et il m'a fait du bien.
J'ai cessé de tousser.
Vrai.
En 4 heures.
(Peut-être était-ce aussi l'effet de mes nombreux « miel citron » bu tout au long de la nuit ?)
Croulant sous les livres à lire, j'avais hésité à prendre celui de ce jeune auteur.
(Enfin, jeune, nous avons quasiment le même âge. Oui, donc, jeune.)
Mais, vraiment, le thème m'intéressait.
Léalan d'Antoni, un petit garçon prématuré (de 6 mois) continu de vouloir vivre malgré les souffrances, sous l'impulsion de son ange gardien, le plus contesté qui soit, Giacomo Casanova.
Tout en croisant d'incroyables destins, Léalan passera sa vie à chercher sa mère (prostituée) sous l'œil de cet ange iconoclaste.
Il y a, parmi les protagonistes, une chanteuse de rock alcoolique, suicidaire et nymphomane, un champion du monde de boxe, un champion du monde d'échec reconverti dans l'islam le plus radical et toutes sortes de personnages plus excessifs les uns que les autres.
Tout est crédible et rien n'est caricatural, ce qui est une performance quand on crée des héros aussi déjantés.
coup de coeur sur LCI.fr de Fich : entreleslignes-tf1.lci.fr
"Plume" :
Démarrage plein d'humour pour cette histoire originale, dans l'idée comme dans le style.
Le bébé Lealan d'Antoni, placé en couveuse à sa naissance, rencontre son ange gardien, qui n'est autre que le célèbre Giacomo Casanova. La suite narre l'épopée de Léalan devenu adulte, tout au long d'un cheminement initiatique qui, « normalement » doit le mener vers sa mère. Cette jolie maman qui l'abandonna dix-huit ans plus tôt à l'hôpital. Le lecteur suit sans vergogne les aventures de cet homme qui consacre sa vie et met en tout en œuvre pour parvenir à retrouver celle qui lui a donné le jour. Au fil de ses rencontres, le héros vogue entre Charybde et Scylla et le voile se lève peu à peu.
Derrière le ton caustique et humoristique de l'auteur, le roman pose des questions existentielles auxquelles chaque être humain voudrait apporter des réponses satisfaisantes. Difficile de résumer un livre aussi riche. Le mieux sera de le commander au plus vite.
Car il s'agit là véritablement, d'un ouvrage à ne rater sous aucun prétexte !
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"Regard en coulisse"
Delphine Grandsart : Une jeune auteur à découvrir d'urgence.
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"Rue des livres"
Stéphane Nolhart vous prend par l'épaule et ne vous lâche qu'à la fin. Derrière un style plein d'humour, parfois corrosif, « les ailes de Giacomo » répond tout au long des 300 pages que l'on avale en une fois, ou presque, aux questions que nous nous posons tous sur la vie, la mort, l'amour. Au-delà du récit, la richesse de ce livre a probablement demandé des jours, des mois de travail à l'auteur pour un résultat à ne pas manquer. Un livre difficile a résumer, tant les rebondissements sont amenés par une plume impeccable. Du bel art tel qu'on aimerait en lire plus souvent.
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Le mag des lettres :
Un livre riche, prenant. On attend le prochain !
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"L'uni- vers"
Belle plume pour une belle histoire, on vole d'aventures en aventures, un heros fort pour un recit qui vous tire des sourires....et des larmes !
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Publié par nolhart à 11:18:32 dans On en parle | Commentaires (0) | Permaliens

Publié par nolhart à 00:44:54 dans | Commentaires (0) | Permaliens
La vie est parfois assez fantaisiste et durant l'écriture des « Ailes de Giacomo », j'ai été confronté à des situations souvent étonnantes. Je fus alors hébergé et logé suivant ce que le destin me proposait et c'est dans les conditions suivantes que je fis véritablement connaissance de ma nouvelle logeuse. Régine B., soixante-dix-huit ans au jus. Nous étions en Septembre et elle venait de rentrer de son pied-à-terre, à Deauville où elle avait passé l'été. J'appris plus tard qu'il s'agissait d'une pièce sans chauffage ni eau chaude et tout aussi crasseuse qu'un pot de chambre. Pour se l'offrir, elle sous-louait au prix de trois cents euros chacune, les trois chambres de son appartement parisien à des étudiants étrangers, des artistes, des émigrés sans papiers, où des évadés de la vie dont je faisais partie. Toujours à des hommes, blancs. Je compris ensuite que la nymphomanie n'a pas d'âge.
| L |
'appartement était vieux, et la moisissure sur les murs semblait vouloir vous engloutir à jamais. Pour y pénétrer il fallait franchir une première porte blindée puis une seconde équipée de trois verrous. Les divergences fréquentes que Régine B. avait avec ses locataires l'avaient obligée à fortifier l'accès. Au bout d'un long couloir vide et poussiéreux, ma chambre était composée de lattes de parquet usées et blanchies qui se décollaient, d'un lit dont le matelas trop mou avait dû accueillir en son temps des colonies entières de punaises, et au fond des 4 mètres carrés, on trouvait deux tréteaux sur lesquels était posée une planche vérolée par les trous de cigarettes. Une armoire normande ayant probablement appartenu à Guillaume le Conquérant jouxtait mon lit et Madame B. avait eu l'obligeance de m'y céder deux étagères sur lesquelles je pouvais ranger mon second jeans, mes T-Shirt, mes deux pulls, ainsi que caleçons et chaussettes. Pour accéder à ce palais, je devais passer par la salle de bain car un architecte inventif pensait probablement qu'un accès direct par le couloir était anti-hygiénique. Pourquoi ne pas faire l'entrée directement par la façade, non plus ?
Bruno était un petit homme de trente ans au crâne rasé, aux yeux toujours ronds comme des calots, qui reflétaient un mélange de bêtise congénitale, de gentillesse, et de cette considération émouvante qu'ont les analphabètes devant ceux qu'ils estiment supérieurs. Il avait toujours l'air d'être devant des problèmes insolubles quand on lui parlait. Sans véritable famille, convoyeur de taxis vides de métier, il était l'amant plus ou moins consentant de la vieille.
Ce soir là, ne voulant surtout pas en être acteur, je du néanmoins être le spectateur, philosophe, d'une des comédies dont Madame B. était coutumière :
- T'es qu'un gros connard, j'en ai rencontré des cons, mais des comme toi, ça jamais ! hurla Madame B. en replaçant d'un geste sec son dentier dans sa bouche fanée.
- Mais, pourquoi je suis là? J'ai un chez moi. J'suis tranquille chez moi, peinard! répondit Bruno.
- J'me demande bien comment on peut être aussi con, continua-t-elle en tapant d'un poing ridé sur la porte d'entrée.
- Mais pourquoi je suis là? j'ai un chez moi. J'suis tranquille chez moi, peinard! 
- Oh, oh,oh, bah, retourne zy chez toi, puisque tu y es si bien! beugla la vieille, en refermant les pans de la robe de chambre qui lui arrivaient à mi-cuisse, laissant découvert le haut des bas filés qui habillaient des jambes pas plus épaisses que des poteaux télégraphiques,
- Mais pourquoi je suis là? J'ai un chez moi. J'suis tranquille chez moi, peinard! repeta Bruno comme un repentant se parle à lui-même.
- oh,oh,oh, mais, j'te le dis, dégage, des mecs comme toi, j'en ai pas besoin.
- J'vais y aller chez moi! Parce que j'ai un chez moi! J'suis peinard chez moi! répéta le bonhomme.
- Oh,oh,oh, et t'y fera quoi, hein? Chez toi? Reste donc ici, et sois un peu gentil.
- Mais pourquoi je suis là? J'ai un chez moi. J'suis tranquille chez moi, peinard! Mais, pourquoi je suis là ? sembla-t-il s'entêter.
- Oh, oh oh, ta gueule! hurla-t-elle pleine de mépris. Viens donc te coucher! Viens être gentil, pas la peine d'avoir eu cette chienne de vie, si j'ai pas de câlins.
Plus guidé par la faim que par le sexe gérontologique, Bruno enfila son tablier de cuisine et fit cuire, sur l'antique cuisinière graisseuse, les rognons qu'ils restaient dans la poêle noircie par des décennies de bons et loyaux services et jamais nettoyée convenablement. Tandis que ma logeuse s'installa sur son canapé en velours passé dans ce que j'appelais « ses appartements » - en réalité, le salon en face de la cuisine dans un appartement de trois pièces des HLM de la ville de Paris - il continua à répéter la même phrase au moins vingt fois : « Mais pourquoi je suis là ? J'ai un chez moi. J'suis tranquille chez moi, peinard ! ».
- Oh, oh, oh, mais je te le dis d'y aller, qu'est-ce tu fous encore ici ? Laches tes rognons, et viens donc me montrer les tiens !
- J'ai faim ! Cinq minutes ! Mais pourquoi je suis là? J'ai un chez moi. J'suis tranquille chez moi, peinard!
- Oh, oh,oh, arrête donc un peu, souffla t-elle la voix tout à coup roucouleuse.
Je la vis regarder le chien allongé qui lui faisait face, un epagneul breton. Elle lui fit de gentilles œillades puis se leva pour lui donner de gentilles caresses. Elle avait l'air d'attendre que cet entêté de cabot bouge au moins la queue pour la remercier. Ce qui aurait été pour le moins surprenant vu que le chienchien était empaillé depuis au moins quinze ans.
- Mais pourquoi je suis là? sembla-t-il demander à present aux rognons.
- Oh, oh, oh, Arrête donc un peu de manger ! Voilà, tu rentres ici et tu manges ! T'es bon qu'à ça!
Les hurlements de Madame B. couvraient à présent le son de la télévision qu'elle venait d'allumer. Elle ordonna de nouveau à Bruno de venir se coucher. Le locataire colombien de la chambre d'en face monta le son de sa chaîne hi-fi afin que la salsa couvrît les fracas discordants, et je vis alors la vieille surgir en furie de ses appartements, entrer dans la cuisine, saisir la poêle sur le feu en tonitruant « le salaud de nègre, y va baisser sa musique, le con ! », tandis que je perçu Bruno s'exclamer, dépité : « Mes rognons !? He mes rognons, y-a les rognons dans la poêle....Mais pourquoi je suis là...etc. ». En trois pas, elle rappliqua au fond du couloir, se mit à frapper la porte de la chambre du Colombien à grands coups de poêle, envoyant planer les rognons de Bruno qui retombaient autour d'elle comme une pluie de grêlons adipeux. Elle tonnait, les yeux exorbités : « Tu vas baisser ta musique, connard ! Tu te crois où ? T'es pas chez toi ici ! », bien qu'il payât son loyer chaque mois sans retard. Le Sud-américain ouvrit sa porte d'un geste sec. Sous la surprise, elle recula d'un pas en le menaçant de l'ustensile de cuisine qu'elle brandissait à présent au-dessus de sa tête. Il baissa son caleçon et lui montra ses testicules en hurlant à son tour un truc en espagnol que je ne compris pas.
Le tapage, souvent nocturne, que Madame B. pouvait déclencher en fonction de ses humeurs changeantes rendait la vie de ses locataires impossible si bien que sa clientèle était en perpétuel renouvellement et je me demande encore comment je pus y rester plus d'un an. Probablement était-ce le prix à payer, le sacrifice pour finir mon roman alors que j'étais sans le sou.
Publié par nolhart à 12:48:25 dans madame b | Commentaires (0) | Permaliens
J'avais des doutes. Je me demandais si mes amis étaient francs du collier sur ma production, car jusqu'à présent je n'avais pas encore essuyé de critiques à me foutre sous le métro. Je suis rassuré : mes proches sont honnêtes ! Et je viens d'acheter un ticket valable sur toutes les lignes.
J'avais blogué un texte, un petite histoire sans prétention mais que je trouvais vaporeuse, divertissante, distrayante, bref, j'en étais content. La conclusion se voulait être une petite BA : Signez le pacte écologique. On ne sait pas vraiment si ça servira à quelque chose, mais la saison s'y prête. Et question saisons justement , à vu d'expert, ça risque de se compliquer un chouia dans un avenir pas si lointain.. Mais voilà, je m'a gouré, pas assez travaillé. Les critiques se sont mises à pleuvoir sur moi comme les balles d'un shrapnel sur la tête d'un poilu à Verdun. Je vous laisse juger par vous même pourquoi je suis quasiment sur le quai de la ligne 3, à la station Art et métier, prêt à sauter et à affronter de face deux cents tonnes de ferraille en esperant qu'on ne retrouve rien de moi:
Mon conseiller littéraire, Tuner Abbechas : « Je t'ai connu meilleur plume. je n'ai pas tout compris ..... ou alors trop senti le verbe d'un gars avec une gueule de bois avec un ton un peu amère. Le narrateur a un propos ambitieux dans son style mais pas assez spirituel. Le fil de la pensée est difficile à suivre le personnage est antipathique, et la morale finale .... je ne l'ai pas comprise ! J'ai bien aimé par contre le "barytonner". Bref pas de cohérence. »
Mon éditrice : "C'est sûr que c'est très différent de ce que j'ai lu de vous. J'avoue ne pas" être vraiment emballée mais ce n'est pas par l'écriture, simplement par l'intérêt de l'histoire;"
Mon amoureuse : "Je l'aime bien, mais sans explications, on ne comprend pas où tu veux en venir »
Le chien de ma sœur : « Ridicule, en plus tu ne parles même pas de moi ! »
Le ventriloque du bar du coin : "Tu aurais mieux fait de m'offrir une bière, le chien de ta sœur pourrait ecrire la même chose !
Bon, je suppose que je n'ai pas besoin de vous en dire plus. Vous connaissez l'expression : sur le métier, cent fois...ect, ect...J'ai refilé mon ticket de métro à un sdf pour qu'il puisse passer deux heures au chaud, et je me suis remis à bosser. Vu le boulot, je crois qu'il se passera pas mal de temps avant que je ne vous livre ma petite histoire, tellement longtemps que si vous ne cliquez pas sur la bannière ci-dessous, vous ne pourrez jamais la lire.
Publié par nolhart à 14:17:47 dans hulot | Commentaires (0) | Permaliens

J'ai pris position sur la ligne de départ prématurément. Je suis sorti trop tôt du vestiaire. Six mois à peine. J'ai dû rester dans les starting-blocks plus de trois mois. Un trimestre entier à lutter pour survivre dans une petite boîte en verre au confort précaire. Trente-sept degrés et quatre-vingt-dix jours pour prendre du volume, pour atteindre le poids nécessaire à la grande exploration. Forcément, prématuré à ce point-là, la vie ne pesait pas lourd, et moi non plus. Deux jours après ma naissance, mon poids n'était plus que de neuf cents grammes. Un petit rôti. Tellement frêle qu'un prêtre est venu m'administrer l'extrême-onction. Pas encore vivant et déjà quasi mort ! Publié par nolhart à 16:05:38 dans Extrait | Commentaires (0) | Permaliens
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