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Le journal d'un roman | 15 février 2008

 Dès potron-minet. Non. Pardon, je reprends.

Ce matin, j'ai voulu me mettre à écrire, et pourtant, je n'étais pas bien fringuant - et je vous assure que c'est le mot juste, pour dire qu'on ressemble à un machin tout droit sorti de la poubelle du tombeau de Néfertiti.
Mais, on ne pourra pas dire que c'est dans les habitudes de la maison. J'ai même, alors que j'étais haut comme ça, raté le concours du bébé le plus élégant de ma rue, de peu; mais là n'est pas la question. Je ne sais pas si vous avez déjà dormi l'oreille collée à un moteur diesel, mais je suppose que c'est exactement la même chose que de dormir avec un chat, et j'ai bien du mal à trouver le sommeil en ce moment ; mes nuits sont peuplées de félins qui me poursuivent. Certains ont la tête de mon ex-femme, d'autre d'une pucelle, ou encore du président de la république, d'un collecteur d'impôts, ou d'un cornichon. Il y en a même un qui a la tête du chien de ma sœur, un bouledogue anglais, vous savez, ces chiens dont on a remplacé le cerveau par du mou de veau. Bref, impossible de dormir sur mes deux oreilles. Je dors un peu - pas longtemps - puis ils arrivent. Je sais pourtant que je dors, mais je les sens, ils s‘approchent de moi, m'observent, montent sur les oreillers. Le président s'agenouille sur ma poitrine, me susurre à l'oreille en me léchant le cou « Tu la veux, ta Rollex ? ». Moi, je ne veux pas, je ne peux pas, j'aime pas les montres. Et vous me croirez ou pas, mais c'est le chat qui m'a sauvé de cette situation tendue. Peut-être qu'il n'a pas digéré un truc, et ça l'a rendu hargneux, mais il s'est mis à sauter de nuque en nuque, en chantant taiau, taiau taiau, enfin en version chat. Le président en colère de se voir ainsi interrompu, le suivi sur le mur de gauche, le chien de ma sœur aussi, la pucelle, et le cornichon en dernier. Le collecteur n'a pas démarré. Ce qui donnait au premier passage des tribunes, Position :

1/ Le chat
2/ Le président
3/ La pucelle
4 / le chien de ma soeur
5 / Le cornichon

Les deuxième et troisième dans un mouchoir, avec plusieurs longueurs d'avance sur le 4 et le 5.

......

Je crois qu'il est parfaitement inutile de vous en dire plus sur mes nuits pour que vous compreniez pourquoi il me reste encore 19 pages à écrire et que je n'avance pas.

 

Publié par nolhart à 15:58:59 dans Journal | Commentaires (10) |

Le journal d'un roman | 12 février 2008

 Ce matin, j'étais au salon, plongé dans les mots croisés où j'avais « être concis » en 16 lettres, à résoudre, et je en sais pas comment vous vous comportez quand ce genre d'énigme vient frapper à la porte de vos neurones, mais moi, ça a une fâcheuse tendance à me coller le crayon à la bouche, parce que c'est bien l'attitude qu'il convient d'avoir, lorsque vous avez un 16 lettres sur le bout de la langue, mais qu'il refuse obstinément à quitter cet endroit. Mais, je sens que vous êtes en train de vous demandez, vous aussi, en vous grattant la joue, « il en est où ce roman ? que fait-il au salon à cruciverber au lieu d'être derrière son bureau à conclure? », c'est normal, vous faites partie de la dizaine de personnes qui se grattent la joue en ce moment même, en se disant exactement la même chose ; confortant ainsi la profondeur de ce vieux proverbe chinois, qui dit un truc du style « on se sent moins seul, quand on est plusieurs". Je dois vous confesser que c'est bien, aussi, ma préoccupation première du moment : "comment regagner mon bureau pour travailler?" Mais j'avance, j'avance, alors que pour une bonne compréhension de ce post, je dois passer la marche arrière et vous dire que ces derniers jours, mon souci n'est pas un manque d'inspiration, mais plutôt d'ordre animalier. Suivez-moi bien.

Bon, il est fort à parier que lors de mon entrée dans l'arène du colisée, si j'avais été un valeureux gladiateur romain, je me serais probablement dit « tiens, voilà des chats ! » devant les tigres affamés du cirque; comme je me suis dit « tiens, voilà un tigre, juste avant de sursauter et de pousser un hurlement, devant le chat qui ronronnait sur mon fauteuil le 08 de ce mois au matin. Mais, je vous mentirais si je disais que suis un valeureux gladiateur, et je me contentais, une fois la surprise passée de rester pétrifier une bonne journée devant la présence de cette boule de poil grise chez moi. Il n'était pas question que je l'adopte sous prétexte que nous avons dansé une ou deux fois ensemble car c'est bien connu, le premier défaut d'un chat est d'être ingrat ! On a vu nombre d'entre eux être aux petits oignons chez leurs maîtres,et les abandonner comme des chiens au prétexte qu'un restaurant belge avait jeté des restes de moules frites dans les poubelles du quartier d'à coté. Sans parler du second défaut sur la liste, et pas des moindre : ils sont sujet aux bouffées délirantes, ce qui les poussent, pendant de votre sommeil, à vous sauter sur la nuque ou sur les pieds en pleine nuit, pour des raisons connues d'eux seuls. Et, que dire de ce formidable air de dédain qu'un chat dégage, de ce petit coté supérieur qu'il impose lorsqu'il vous toise, semblant, comme un archevêque, se poser en critique de votre mode de vie. Il est donc préférable, et sans attendre, de demander des comptes à un matou qui dort tranquillement dans votre fauteuil sans y avoir été invité. Je me suis alors approché doucement, et j'ai essayé le célèbre « Confortable, n'est-ce pas ? », mais ça n'a pas fait totalement l'affaire, puisqu'il a entamé une méticuleuse toilette, dédaigneusement, sans même un regard. Il n'a pas bougé depuis trois jours Comment cela est-il possible, demandez-vous ?

Je crois que ce chat a une vie trop belle, qu'il s'en est jeté derrière la cravate bien plus qu'il ne pouvait en avaler et qu'il digère ; ou alors, il a gardé un complexe de supériorité de l'époque où lui et ses semblables étaient traités comme des dieux du bas en haut du Nil se sentant partout chez eux, sur le capot des voitures, comme dans mon fauteuil! Pourquoi suis-je lâche, et que je me contente d'attendre ? demandez-vous ? Mais, vous le savez bien, non, qu'il n'est jamais très bon de se fâcher avec les dieux d'Egypte, on a des statistiques assez là-dessus ; alors quoi ? Devrais finir maledictionné par Toutankhamon, parce que j'ai bousculé un de ses confrères ? Je ne sais pas si vous vous prendriez le risque, mais pas moi. C'est pourquoi depuis trois jours, j'attends, avec un regard de souris coincé dans la gueule d'un chat, qu'il bouge de là ! En attendant, vous n'auriez pas mon 16 lettres, dont je rappelle au lecteur qui aurait raté le début, la définition : « Etre concis ».

 

 

Publié par nolhart à 06:10:43 dans Journal | Commentaires (9) |

Le journal d'un roamn | 07 février 2008

 Mon cher Webmaster,

Tu seras bien aimable d'annoncer sur mon blog, « qu'une subite indisposition de l'auteur assujettit à des embarras passagers, nous privera pendant quelques jours de ses éclatantes billevesées. ».

Ce n'est pas vrai, je ne suis pas malade, je vais même très bien et rassure-toi, il n'est pas question que je fasse appel à un docteur car tu sais combien ces gens là sont prompts à couper un bras ou une jambe à la moindre occasion sans s'arrêter de parler, habitués comme ils sont. Non, je vais bien, disais-je, mais, il n'y a rien comme l'écriture d'un roman pour te prendre tout ton temps, et ça pousse pas beaucoup à en rajouter sur un blog, l'écriture un roman, aussi tu comprendras qu'à l'approche de la fin, il ne reste qu'une vingtaine de pages à faire, je ne sois pas tous les jours en état de te donner une éclatante billevesée à publier. Tu voudras bien m'en excuser auprès des lecteurs et leur dire aussi pour moi que de recevoir toutes ces félicitations, toutes ces marques de sympathie au sujet de mon livre me permettent de chanter dès 4 heures du matin, « tiens, les montagnards sont là » avec le cœur de l'auteur qui constate qu'il n'a perdu ni son temps, ni son travail. Mais, ce qui m'honore le plus, c'est la qualité de mes lecteurs, et de savoir que la pucelle et le cornichon passent sur mon blog régulièrement est assez flatteur, car je me demande bien comment après dans la même journée, s'être promené en voiture dans la campagne, jouer au bilboquet, lu Mickey parade, envoyé des menaces par sms, tenté de déstabilisé des auteurs par des mensonges à faire rougir le diable, ils trouvent encore le temps de passer ici et de laisser des commentaires fanfarons, les inconscients. Tu me diras que dans une autre époque, j'aurais laissé aller mon poing jusqu'à l'œil gauche du cornichon, c'est vrai, et c'est effectivement ce qu'il y aura de mieux à faire lors de ma prochaine rencontre avec eux, non que ça implantera de l‘intelligence dans le cerveau du réceptionnaire, mais ça lui permettra au moins de passer des fêtes de pâques très entouré, avec une cloche nymphomane en blanc qui passera le voir tous les matins pour savoir comment va son nez.

Publié par nolhart à 16:44:16 dans Journal | Commentaires (7) |

Le journal d'un roman | 03 février 2008

 Et bien oui, là ! J'ai ri aux larmes.

C'est lamentable, dites-vous ? Oui, je le sais bien que c'est lamentable.

On n'écrit pas sur ces choses là, dites vous? Vous voyez bien que si, puisque je les écris.

Je voudrais bien vous y voir, à ma place, vous qui parlez. On est dimanche, j'ai raté la messe, et je n'arrivais pas à écrireune ligne à la syntaxe amusante, et compte tenu du sujet, je n'ai pas le choix, il faut que ce soit drôle. Alors je suis sorti saluer le chat, prendre un café et, effet de la fatigue sans doute, j'ai ri. J'avais des doutes, et bien,cette poilade les a dissipé.Et voilà comment :
Il y a plusieurs mois que je travaille sur un roman dont le héros est la mort, je tente de la rendre, amusante et drôle, attachante et respectable, la faisant se mouvoir maladroitement dans un monde où sans médiatisation on n'existe pas, dans un univers où la médecine, pour de sombre raisons pécuniaires, oublie un peu trop souvent qu'elle devrait être universellement accessible. Mais, est-ce nous qui choisissons les sujets de nos romans, ou sont-ce les sujets qui s'imposent à nous ? Peut-on rire avec la mort ? S'en moquer ? Peut-on rire de tout ? Peut-on écrire ces choses là. Ces questions sont arrivées par derrière comme un coup de batte de base-ball, au moment où je mettais mon cinquième sucre dans mon expresso.
Mais, oui, m'a répondu Desproges, on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde, et à condition que ce soit drôle.

Alors, je me suis imaginé être le seul à en rire, à ne pas avoir un seul lecteur, et j'ai ri de plus belle encore, en imaginant que ce livre allait se classer tout en haut de mes échecs, et je me suis traité d'imbécile en me frappant le front à coup de petite cuillère, sans arrêter de rire.

Oui, c'est lamentable.

On n'écrit pas sur ces choses là, dites vous ? C'est blasphème, dites-vous?

Oui, peut-être, mais c'est trop tard, c'est fait, sans que je ne puisse plus reculer ; bien oui, je ris de la mort, quand je l'imagine dépressive, en grève ou communiste, je ris de la laisser croire qu'elle peut séduire n'importe qui sous le nez du premier Casanova venu;), je ris quand elle raconte des histoires drôles pour se changer les idées. Je fais rire de la mort, pour tous ceux qui en pleurent de trop, parce que, finalement, elle ne mérite pas mieux que d'en rire.

Publié par nolhart à 14:06:25 dans Journal | Commentaires (11) |

Le journal d'un roman | 01 février 2008

 Comme vous l'avez constaté, je dors peu et je travaille beaucoup. Et, depuis début janvier, certains m'ont écrit pour savoir quel était mon secret. Et bien, je vais vous le dire : pour tenir le choc, et pouvoir danser avec le chat quand bon me semble ou recevoir mon voisin dignement quand il cogne à ma porte, un de mes amis cycliste m'a conseillé un ou deux remèdes qui lui permettent de passer les cols alpins dans les tout premiers du peloton sans la moindre grimace, et qui pourraient, d'après lui, me faire aller jusqu'à la fin de l'écriture de «L'incroyable vie de la mort» - qui n'a cessé de prendre du retard - sans effort. Mais, je crois que je n'ai pas bien supporté cette satanée injection de veau mort-né, et j'ai dû me purger tous ces derniers matins, ce qui n'a pas été sans m'affaiblir un peu, causant des retards supplémentaires dans mon emploi du temps. Je devais commencer une bio début Février, et bien ça ne sera que début Avril, et je m'en excuse bien auprès du futur biographié, qui est un type qui mérite vraiment à être connu, et dont la lecture de la vie vous enchantera sûrement à sa sortie que j'envisage, si tout va bien, sur le second semestre. Concernant mon roman, il avance, doucement, mais régulièrement et, in fine, je n'aurai probablement que 15 jours de retard, ce qui est bien peu quand on me connaît, et je profite de l'occasion pour remercier ma petite dizaine de clients, parce que la littérature, c'est un commerce, donc “client“ est aussi le bon mot, des commentaires laissés sur mes billets. C'est une sensation exquise de recevoir des félicitations, des encouragements, des conseils, des critiques parfois ; et je ne sais pas pourquoi, mais je me souviens d'un machin merveilleux que j'avais lu sur les bancs de l'école et qui disait ceci :

Aimez donc la raison : que toujours vos écrits ;
Empruntent d'elle seule et leur lustre et leur prix.
On lit peu ces auteurs nés pour nous ennuyer;
Quoi que vous écriviez, évitez la bassesse
Soyez simple avec art,
Sublime sans orgueil, agréable sans fard.
Il est certains esprits dont les sombres pensées
Sont, d'un nuage épais, toujours embarrassées ;
Avant donc que d'écrire, apprenez à penser.
Selon que notre idée est plus ou moins obscure,
L'expression la suit, ou moins nette, ou plus pure.
Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément.
Hâtez-vous lentement ; et, sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage.
Il faut que chaque chose y soit mise en son lieu ;
Que d'un art délicat les pièces assorties
N'y forment qu'un seul tout de diverses parties.
Faites-vous des amis prompts à vous censurer;
Mais sachez de l'ami discerner le flatteur.
Aimez qu'on vous conseille et non pas qu'on vous loue.
Souvent sur ses vers un auteur intraitable
À les protéger tous se croit intéressé.
Cependant, à l'entendre, il chérit la critique ;
Mais ce beau discours
N'est rien qu'un piège adroit pour vous les réciter.
Ainsi qu'en sots auteurs, notre siècle est fertile en sots admirateurs.
Un sot trouve toujours un plus sot qui l'admire.


Bon sang, j'aime bien qu'on me loue, moi.
Je ne sais plus a écrit ça, mais c'est dans L'Art poétique, et si un lecteur de passage, et érudit comme je sais qu'il s'en perd parfois ici, pouvait laisser un commentaire avec le nom de ce type génial, ça arrangerait tout le monde. Moi, je retourne à mon roman pour conclure le chapitre 17, là où LaMort n'est plus que l'ombre d'elle-même.

Publié par nolhart à 12:36:28 dans Journal | Commentaires (8) |

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