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Le journal | 23 janvier 2008


A
la lecture de vos commentaires, je me dis, mince, vous n'y allez pas de main morte ! Tenez, ce matin, j'ai encore reçu un gentil mail d'un éditeur provincial. Justement, je l'ai sous le nez.

"Mon cher Stephane Nolhart,

Fidèle flagorneur de votre subtil et délicieux talent, j'ai particulièrement gouté votre journal. Mais diable, pourquoi ne parlez-vous pas, plus, de la prévention contre les attachées de presse mégalomanes en milieu rural? J'en suis moi-même victime depuis plus d'un an, et je ne sais comment m'en débarrasser. J'ai essayé la poudre anti-sangsues, le ruban tue-mouche, le lance–flamme, et la mort au rat, sans résultat! J'ai peur qu'il ne soit trop tard, je suis au bord de la crise de nerf, que dois-je faire?"

Je ne donnerai pas le nom et l'adresse de Monsieur WA, éditeur à Bouzille le désert, pour ne pas lui faire de tord, mais n'ayant aucune compétence en la matière, je l'invite à se mettre en contact avec un médecin très au courant des affaires de psychologie et je le remercie de son compliment qui me fait chaud au cœur.

Bon, je sais que vous n'êtes pas là pour lire mon courrier du cœur, alors je retourne au chapitre 14, motivé comme jamais par toutes vos gentillesses, en sifflotant « tiens, les montagnards sont là», morceau bien connu qui arrive tout en haut du classement des chansons préférées de LaMort. 

Publié par nolhart à 05:33:55 dans Journal | Commentaires (6) |

Journal d'un roman | 21 janvier 2008

 Si j'avais pu, j'aurai bien demandé à quelqu'un d'autre d'écrire ce post - et alors ? je le fais bien pour les autres, moi - car je ne voyais absolument pas par où commencer. On est bien lundi matin n'est-ce pas? Bon, je suppose que vous vous dîtes, en vous grattant la cuisse :"allons à l'essentiel, parle nous de la pucelle et du cornichon ! ".
Et, c'est bien normal car j'avais obtenu de beaux succès avec cette blague dans les petites discutions littéraires entre amis, et il est bien compréhensible que le lecteur du début veuille en savoir un peu plus sur cette histoire d'attachée de presse érotomane. Bon, je pourrai passer la première vitesse en vous demandant si vous connaissez ce charmant poème, intitulé "la charge de la brigade légère" ? Mais si oui, alors vous avez déjà une idée assez précise de la finesse de Roberta Nevada, dont le hobbies était de se prendre pour une attachée de presse, et d'être le vil marionnettiste de l'éditeur escroc Wilfried Amstrong par vengeance. Il serait grandement exagéré de prétendre que leurs deux intelligences réunies dépassaient celle d'un couple d'andouilles de vire, et hormis quelques vaches, vous ne trouverez personne à 50 km autour leurs maisons à Bouzille le désert, pour vous dire que l'intelligence d'Amstrong à elle seule dépassait le QI d'une tranche de pâté de campagne. Au point se demander si un chien d'aveugle ne lui aurait pas été de la même utilité qu'une bouée envoyée à un type, qui se noie en chantant " Auprès notre brune qu'il fait bon fait bon auprès de notre brune qu'il fait bon fait bon," sans se rendre compte qu'une vague va l'emporter vers un parloir ; où sa belle folle ne viendra jamais le voir, trop occupée à le dénigrer, nichée dans les bras d'une nouveau blondinet. Mais au final, il y avait un rien, un détail qui me dérangeait: je n'étais pas là pour raconter des histoires drôles, et ce n'était pas le sujet de ce journal. Et plutôt que d'essayer de faire mon intéressant avec deux imbéciles, je devais vous parler de ‘l'incroyable vie de la mort ‘, mon prochain roman.
Ce week-end, je me suis occupé de mon fils, un bonheur, et j'ai reçu une visite sympa le dimanche midi ; mais de 4h à 9h, samedi et dimanche, j'ai de nouveau reculé devant la page, j'ai ruminé mon plan; et paf, encore un pâté... et, je bloque sur une phrase...et là, le style peut être meilleur.... et trois ou quatre sandwichs aux concombres (casse-croûte dont je maîtrise les secrets) plus tard, j'avais compris d'où vient cette expression « gratter» en parlant d'écrire. Outre le bruit de la plume sur le papier,au final, écrire, c'est comme un eczéma qu'on gratte, et qu'on gratte encore...
bref, c'est dans ces moments, où mes cris d'espoir ou de désespoir empêchent mon voisin de boire son café, que je me dis que je n'aurai jamais que deux sortes de lecteurs : ceux qui me trouveront nul et prétentieux, et ceux qui ne m'auront pas lu.

Publié par nolhart à 07:24:49 dans Journal | Commentaires (9) |

Le journal - sans idée. | 18 janvier 2008

 2 jours sans idées constructives, rien. Rien dont je puisse garder le meilleur et oublier le reste, parce que là, je n'avais, à un ou deux mots près, de toute façon, que le reste. Et puis, allez savoir pourquoi, ce matin, en me levant, alors que je terminais de tremper mon sandwich aux concombres dans ma chicorée, mon regard est devenu fixe lorsqu'elle est arrivée de je ne sais où. L'idée ! Elle est descendue en moi, puis est remontée, fragile, presque imperceptible, jusqu'à ma caboche. Ca m'a fait le même effet qu'une voile à l'horizon sur Robinson Crusoé. Les pages suivantes ne seront pas difficiles à écrire, pour une fois, je devrai trouver ça pas mal. Il n'y aura pas de manque, et c'est toujours par le manque qu'un livre n'est pas bon - c'est avec un regard d'ouvrier heureux que j'ouvre mon manuscrit aujourd'hui.

Publié par nolhart à 03:40:04 dans Journal | Commentaires (6) |

Journal d'un roman | 16 janvier 2008

 En écrivant ce journal, initialement réservé à une consommation quasi personnelle, j'ai depuis le début essayé d'être clair, utilisant le mot juste, la bonne formule afin de vous éviter les phrases pénibles du style : Quelle que soit la sinistrose de ces derniers temps, on se doit d'examiner chacune des alternatives s'offrant à nous.» ou "Vu la conjoncture qui est la nôtre, il est préférable de s'intéresser à la totalité des issues envisageables.", parce que vous avez le droit de demander un machin plus vif, bourré d'hyperboles, de métaphores à l'ancienne, et à l'excipit inattendu. J'ai finalement réussi à écrire les pages de dialogues qui me posaient des problèmes et pour ce faire, j'ai mangé 7 livres de maître V ; j'en  suis comment dire ? Gavé, est, je crois, le mot qui convient mais quelle leçon de raisonnement ! On n'a beau ne pas être en accord sur tout, bordel -et c'est bien bordel que je veux dire, mais que j'aurai pu remplacer par merde, tout aussi approprié- ce mec plane quand même vachement haut, c'est une pointure, un glaive, une épée, quoi. Mais, je digresse, une chose en entraine une autre, le temps passe, et je n'en suis qu'à la page 73 de mon roman, alors, je crois que je vais éxcipiter ici pour aujourd'hui ; et c'est bien dommage car j'aurai voulu vous raconter une histoire d'écrivain, une petite nouvelle, que je compte faire publier dans un magazine un peu poussiéreux, certes, mais dont le tirage ne faiblit pas. C'est une histoire simple, où il est question d'une attachée de presse nymphomane, érotomane, machiavélique, et infidèle qui se venge d'un auteur qui l'a bêtement éconduit au lieu de l'emmener direct dans le premier hôpital psychiatrique. Pour parvenir à ses fins, elle se joue d'un pauvre bougre, éditeur amoureux et cornu, rendu aveugle par la belle qui est bien trop jolie en comparaison de ce qu'elle mérite. Vous connaissez les auteurs, toujours prompte à inventer des histoires, dès que la motivation est suffisante, et je sens qu'elle grandit de jour en jour, je crois que je ne pourrai pas me retenir encore très longtemps avant de vous raconter la fin pathétique et carcérale de leur épopée.

Publié par nolhart à 08:33:26 dans Journal | Commentaires (6) |

J'exagère... | 13 janvier 2008

 Vous pourrez questionner tous les clients du bar des ventriloques*, pas un ne vous dira que je n'ai pas voulu fuir ce métier, moi qui me livrais à une fumisterie sans honte, à l'intelligence prête à consommer, à la flânerie, à l'argent facilement gagné dans des professions sans autres intérêts que de flatter l'ego vendu à une époque superficielle, et facile mais, là, pour écrire, faute du talent suffisant, il me faut beaucoup travailler pour arriver à un stade tout juste supérieur à la médiocrité dans l'art où celui qui rayonne devient immortel. J'aime m'y jeter de toutes mes forces, dès l'aube, jusqu'à en être économe de chacun de mes mouvements le reste de la journée pour avoir l'énergie d'écrire encore, une ligne de plus, juste une ligne, un mot, une majuscule, une virgule, une tache d'encre. Dormir moins pour écrire plus, et mon deuxième roman sera prêt avant l'heure. Infiniment trop de joie, infiniment trop de bonheur. Point, à la ligne. Fin d'un nouveau chapitre.

* cf remerciements. 

Publié par nolhart à 20:50:37 dans Journal | Commentaires (6) |

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